Les moulins d'Oia au lever du jour, avant la foule, et une barque seule sur le turquoise d'Ammoudi.
Il est sept heures, le vent tombe enfin sur la caldeira. Oia n'appartient qu'aux chats et aux livreurs : c'est le moment de sortir l'appareil.
Le village avant la foule
Tout le monde vient à Oia pour le coucher du soleil. Les photographes, eux, viennent le matin. La lumière arrive de l'est, par-dessus l'île, et glisse sur les façades blanchies à la chaux sans jamais les brûler. Les coupoles bleues, les moulins à vent et les maisons ocre se détachent sur un ciel encore pâle.
Je me suis installé sur le chemin qui mène aux moulins, à l'extrémité ouest du village. De là, le regard plonge sur l'empilement des maisons, avec la mer en fond. Un 35 mm suffit : pas besoin de grand-angle, le village fait déjà tout le travail de composition.
Descendre jusqu'à l'eau
Trois cents marches mènent au petit port d'Ammoudi. En bas, l'eau prend une couleur qu'on croirait retouchée. Une barque de pêcheur, drapeau grec à la poupe, attendait au mouillage, seule sur le turquoise.

Ammoudi, au pied d'Oia : une barque au mouillage dans l'eau claire de la caldeira.
Pour garder cette couleur, un filtre polarisant fait toute la différence : il coupe les reflets du ciel et laisse voir le fond. Tournez-le lentement en regardant l'eau, l'effet est spectaculaire à 90° du soleil.
En pratique
- Quand : en avril-mai ou en octobre, quand les ferries sont moins chargés et la lumière plus douce.
- Où dormir : à Imerovigli plutôt qu'à Oia, pour partir avant l'aube sans traverser la foule.
- Réglages : f/8, ISO 100, exposition calée sur les murs blancs (sous-exposez d'un tiers).
Le blanc d'Oia n'est jamais blanc : il prend la couleur de l'heure.
